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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 13:21

C'est un jour très spécial.

C'est jour d'anniversaire.

La maison toute entière fait le gros dos pour accueillir les précieux petits invités. Les tables sont poussées, les chaises déplacées pour agrandir la pièce. A l'extérieur et à l'intérieur, des ballons colorés flottent doucement.       C'est l'effervescence fébrile avant la déferlante enfantine. Il faut que tout soit  impeccable : les assiettes, les gobelets et les serviettes en papier en attente, les cotillons et serpentins prêts à être joyeusement lancés Les petits gâteaux sont  dans les panières et les boissons acidulées sagement rangées en bout de table.

Pour les sucreries et autres douceurs : on est dans l'excessif! C'est normal pour un jour comme celui-là : tout ce qui se fait en matière de bonbons est  là sur la table : sucettes éclatantes, carambars fluos, caramels mous, fraises tagada, chewing- gums multiformes, longues "langues" perlées de sucre acide... Confiseries diverses et variées, molles, dures,bombées, courtes, plates, enveloppées ou non...

   Profusion et abondance.

  Caverne d'Ali Baba pour petits invités surexcités.

Le gâteau d'anniversaire avec ses bougies patiente dans la cuisine.

Rouge, Magenta et Ver,t les enfants de la maison, sont sur des charbons ardents et trépignent.

La chienne Tootsie et les chattes Pirouette et Câline, quant à elles, portent sur tous ces changements un oeil interrogateur : "Il se passe quelque chose... Mais quoi?..." Et comme elles devinent l'énervement derrière ces préparatifs, elles se planquent , aplaties , le museau au sol. Incrédules, elles nous regardent nous démener.

Voilà enfin les premiers invités qui arrivent : embrassades et rigolades. Cavalcades...

On met la musique : envahissante, assourdissante, faite pour canaliser un peu toutes ces ardeurs enfantines.

Très vite, tous les convives sont là et la maison tremble sous les coups de leurs petits pieds sur le sol, ainsi que sous leurs cris stridents.Ils viennent avec des cadeaux enrubannés.Tout bruisse soudain. Même l'air vibre de leurs rires joyeux.

     Chambardement. Charmant charivari. Aimable  chahut. Gentille cacophonie.

Après les jeux et les danses, vient le temps de la pause : les enfants passent à table pour dévorer le gâteau, engloutir les bonbons par grappes et avaler des litres de boissons aux couleurs peu naturelles.

  Babillages désuets et bavardages innocents autour du festin sirupeux. Toutes les bonnes choses disparaissent à une vitesse hallucinante croquées par leurs petites dents pointues d'affamés sans retenue.

   Puis, une petite voix  gourmande demande:

- Dis,  t' en n' as pas des fraises tagada?

- Si...Enfin, il y en avait. Vous  les avez  mangées.

- C'est pas nous.

- C'est le chat,  répond une petite fille barbouillée en pointant son doigt dégoulinant de sucre vers un coin de la pièce.

       Câline, une fraise tagada coincée entre ses crocs se débat comme un diable enragé au milieu des restes de son larcin.

 

 

 

 

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 07:02

Il est un pays.

Un pays connu de moi seule  Bleue où les jours sont toujours ensoleillés.

Pays imaginaire. Pays de la mémoire enfouie. Pays de l'enfance sans soucis.

Nous étions trois.

Trois enfants livrés à eux-mêmes.

Trois enfants sauvages sans brides, ni lois... Hormis les lois tacites de notre royaume secret. Deux petits  Princes et une Princesse régnant en maîtres absolus sur un minuscule territoire. Une cour intérieure pavée, héritage médiévale d'un passé glorieux : au centre une bouche d'égout et tout autour des portes, des porches, des escaliers, des couloirs sombres, des fenêtres et un puits dans un coin... Une cour  nue, vide de tout objet : riche de sa seule disposition et de sa propre histoire. Une cour pleine d'interdits : interdit d'ouvrir les portes, de jouer sous les porches, de monter les escaliers, d'aller dans les couloirs, de lancer quoi que ce soit dans les fenêtres, de s'approcher du puits... 

Tel était notre royaume : plein d'entraves, très difficile à appréhender et dont nous seuls connaissions les secrets attraits.

Une photo nous y montre, Bleu Foncé, Bleu Clair et moi Bleue. Une photo floue sur laquelle apparaissent trois petits bagnards bariolés et hilares.

Prisonniers ? Princes et Princesse ? Ou plutôt : Pirates.

Oui : Pirates sans navire, sans armes ni butin trébuchant. Pirates des jardins.

Car derrière les vieilles pierres, derrière une lourde porte de bois fermée à clé, se trouvait un paradis secret doté d'une balançoire. Un oasis de verdure, une orgie de fleurs, une débauche de petits fruits, un excès de potager : un jardin de ville cerné de hauts murs. Une invitation à la maraude. Un pousse au crime. Un eden  indécent..

   Un jour de soleil, dans le silence carcéral de notre cour juste troublé par les cris stridents des hirondelles enivrées d'insectes, nous sommes passés à l'attaque du jardin magnifique.

Commando silencieux et déterminé,nous avons gravi les escaliers interdits menant  au  grenier familial. Car dans celui ci se trouvait une fenêtre qui donnait sur le paradis endormi.Qu'elle fut à trois mètres au dessus du jardin ne posait aucun problème.

Une corde attachée grossièrement jetée dans le vide et hop! Adieu grisaille et bonjour lumière éclatante!! Bonjour pillage et  maraudage!!

Notre forfait n'était pas achevé qu'une voix lointaine nous surpris:

- Où êtes vous?  Les enfants?

Pris au piège , derrière la lourde porte:

- On est là!

Stupeur maternelle. Embarras de la propriétaire venue nous délivrer du paradis.

-Qu'avez vous fait?

Avec l'aplomb des plus fieffés malfaiteurs, nous leur répondîmes en choeur, goguenards, serrés les uns contre les autres, nos mains rougies de sucs écarlates,le visage barbouillé des jus des fraises et des framboises ingurgitées, les vêtements maculés et collants.

  - Nous? Rien..

 

 

 

 

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:39

Rues de Bruxelles

Ville francophone  cosmopolite, multilingue à l'accent particulièrement savoureux. Nous jouions un peu  les touristes dans la capitale européenne, venus pour déménager notre fille, Rouge. Le ciel d'avril avait été relativement clément avec nous. Bien évidemment nous avions eu droit au temps belge typique : plafond nuageux bas, bruine persistante, luminosité atone. Mais par un hasard heureux, cette journée-là, journée de fin de déménagement, était créditée d'un soleil timide mais bien présent. Nous en profitions donc pour nous promener dans les rues alentour du logement de notre progéniture.

Nous avions goûté à la grandiloquence de la Grand Place, à la magnificence du Palais Royal, au gothique flamboyant de la cathédrale Saint Michel et Sainte Gudule, à la symbolique irrévérence  du Manneken Pis. Nous avions dévoré les gaufres, englouti les moules-frites, avalé les bonnes bières, apprécié les chocolats : bref, nous agissions comme de  bons touristes lambda, en vadrouille dans une ville  métropole effervescente. Nous en avions plein les pattes de crapahuter dans les rues bruxelloises encombrées de monde.

Cette journée-là, nous allions Place du Jeu de Balle pour humer l'air printanier et farfouiller un peu dans les étalages des vendeurs du marché aux puces. Grand Bleu marchait devant avec nos autres enfants, Magenta et Vert, moi, j'étais derrière avec  Rouge.

Dès que nous sommes arrivés, une litanie lancinante nous a accueillis :

  - Un euro. Un euro. Un euro. Un euro. Un euro. Un euro.

Pratiquement tous les marchands se lançaient les uns les autres cette phrase énigmatique qui tournoyait dans l'air comme une vague déferlant sans cesse. Et se faisant, ils nous présentaient leur marchandise :

- Un euro. Un euro. Un euro. Un euro. Un euro. Un euro.

Les étals correspondaient à ce que nous nous attendions : bric- à- brac coloré, vêtements défraîchis, ustensiles hors d'âge, vaisselle ébréchée, misérable marchandise vendue par d'humbles marchands. La place entière était  encombrée d'un capharnaüm indescriptible, entassement  de vénérables chaussures, pyramides d'objets hétéroclites et disparates.

- Un euro. Un euro. Un euro.Un euro. Un euro. Un euro.

Tourbillonnait dans l'air le leitmotiv. Incessant. Entêtant. Agaçant. Repris soit en choeur, soit avec quelques secondes de décalage par les marchands.

- Un euro, un euro, un euro, un euro, un euro, un euro.

Incantation païenne. Monotone antienne. Prière mystérieuse, nous accompagnant dans notre cheminement tranquille et sans but. Nous étions là pour regarder, fouiller et trouver peut-être une perle rare au milieu de cet enchevêtrement  touffu.

- Un euro, un euro, un euro, un euro, un euro, un euro.

Puis, soudain:

- Un euro, un euro, un euro, un euro pièce.

- Un euro pièce. Un euro pièce. Un euro pièce. Un euro pièce.

Nouvelle incantation ronronnante reprise par tous vendeurs instantanément.

Là, pointant l'étalage devant nous, je me tournais vers Rouge et lui demandais en souriant:

- On lui demande  le prix ?

- T'as pas compris que tout est à un euro?!! me lacha-t-elle.

- T'as pas compris que je blaguais? lui rétorquais-je, dépitée.

Mon ironie venait d'essuyer un flop.

Un flop. Un flop. Un flop. Un flop. Un flop...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 17:38

Jour de départ à l'aéroport.

Vite! La course. Arrivés enfin devant le guichet dans le temps imparti, nous attendions patiemment notre tour en bruissante compagnie, voyage pas cher oblige, nous n'avions que notre sac à dos à faire contrôler.

Bientôt nous serions à Londres! London city : sa foule multiraciale, sa  vie permanente, trépidante, ses musées, ses expos, ses boutiques de fringues...

Moi, Bleue, je jubilais. Impatiente. Comme de bien entendu. Pressée d'arpenter les artères célèbres, des fourmis dans les pattes, des plans plein la tête... Déjà partie!!

De "l'anglais" plein la bouche : Oxford street, Camden Town, Victoria Station... D'autant plus que dans la file d'attente, autre que les touristes français, se trouvait  un panel  de la société britannique. L'Angletere avant l'Angletere !

Brouhaha d'aéroport, encombrement de divers sacs et valises, nous étions là, noyés au milieu d'une foule éparse, hétéroclite et bigarrée, attentifs au moindre frémissement de la file d'attente, ne  bougeant qu'au  rythme des enregistrements.

Il y avait de la tension dans l'air, une tension feutrée et sourde.

Une tension d'avant embarquement, normale.

Notre tour arriva :

Billets ? Ok

Passeports ? Ok

Passage du portique ? Ok

Sacs et vestes au contrôle ?

Heu...Pas Ok.

Du moins, pour mon sac à dos.

Raidissement des agents de sécurité :

- Vous transportez un spray ?

- No! testant mon anglais, tout sourire.

A ma réponse, ils se coulèrent un regard complice et peu amène.

- L'appareil a détecté un objet suspect, dit l'un d'eux en me le montrant sur l'écran.

- C'est mon parapluie, lui répondis-je. C'est un article conseillé pour Londres, ajoutais-je avec un clin d'oeil.

Erreur fatale!!

Le moment n'était pas à l'ironie, même légère.

- C'est un capuchon qu''on voit sur l'écran Madame!

"Capuchon" égalait à "bombe" dans sa bouche, déformée par la panique.

En disant cela, il enfila ses gants noirs.

Mon poil de Renarde se hérissa quand je le vis attrapper mon sac à dos et le vider prestement sur le tapis-roulant pendant que son collègue, de la main, maintenait les voyageurs à distance.

- Ben là, ce sont mes culottes... propres! lui dis-je, malgré son regard inquisiteur.

Fébrilement, il cherchait le fameux "capuchon" au milieu de mes affaires maintenant toutes chiffonnées, répandues, étalées. Tristes dentelles!!! Pauvres affaires de toilette!!!  Mornes vêtements!!!

Chacun retenait son souffle.

Puis, vint  le verdict. Triomphant, l'agent dit :

- C'était bien le parapluie! Avancez maintenant !

Moi Bleue, j'étais verte!!

 

 

 

 

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 13:13

Au jeu du j'aime , j'aime pas.

C'est facile :

 

J'aime mon lit.  J'aime pas les nuits sans sommeil.

J'aime les petits. J'aime pas quand ils grandissent.

J'aime le chocolat noir bio de ma copine Julie. J'aime pas quand ma fille le recrache dans l'assiette.

J'aime les chats. J'aime pas les poils sur mes pulls.

J'aime ma maison. J'aime pas quand le chauffage ne fonctionne pas.

J'aime les tartines de confiture. J'aime pas quand y en a plus.

J'aime marcher pieds nus dans le jardin. J'aime pas marcher sur une abeille.

J'aime le soleil. J'aime pas la canicule.

J'aime les sourires. J'aime pas les grimaces.

J'aime la vie. J'aime pas la mort.

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 14:57

Il est arrivé à la nuit tombée.

Je l'attendais le coeur battant, pomponnée, pimpante. Un rendez vous galant. Une rencontre vibrante, fulgurante, sous la voute étoilée.

Il est resté silencieux et moi aussi, quand dans la pénombre nous nous sommes enlacés. Baisers fougueux et fiévreux. Ce soir là, la maison était vide, libérée de toute contrainte. A nous donc  les minutes divines et délicieuses qui précèdent  la réunion de deux corps.

Souffle court, longs soupirs, sourire pointu contre sourire pointu, regard  gourmand contre regard gourmand. Egalité des émotions, prètes à éclorent sous les assauts des désirs mélés.

Vite ouvrir la porte de la chambre.

Oupsss! Virer le chat qui dormait tranquille sur le lit. Hop! Hors d'ici Pussy!! Je posais le félin surpris et peu coopératif sur le sol et le poussais du pied en direction du salon. Après une hésitation véxée, il se décida à quitter les lieux nonchalament. 

Ensuite, je me jetais dans Ses bras ouverts, prenant avec bel appétit  les baisers et les caresses qu'Il m'offrait. Nous tombâmes tous les deux sur le lit comme on tombe dans un puits de douceurs et plaisirs....Vêtements épars sur le sol, lumière tamisée...Volupté...Glapissements et ronronnements. Douce violence.Tendre brutalité.

Le temps passa bien trop vite. Après la sueur et les frissons : vint l'instant de l'apaisement et des confidences. Il devait rentrer chez Lui, pour s'occuper de Son chien...

- Miaou!! fit Pussy à ce moment là sur le seuil de la porte restée ouverte.

- Va-t'en !

- Miaou!! insista encore le chat têtu qui souhaitait retrouver sa place sur le lit.

Moi je voulais profiter de ce moment fragile et un peu magique. Mais le chat lui ne l'entendait pas ainsi.

- Maiouuu!! Miaiouuu!!

J'allais lui balancer un coussin quand j'ai compris ce qu'il tramait.

- Non!!

Oupsss...

Le chat a pissé  sur Son jean.

 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 05:51

C'était un jour de vacances.

Août caniculaire au fin fond de l'Aveyron dans les Gorges du Viaur. Notre location, pompeusement appellée "castel", se situait  dans un lieu-dit , isolé du monde. Vierge de toutes ondes: pas de radio, pas de télé, pas de téléphone ,rien. Juste le bruit de la riviére en contrebas. Quelques maisons éparpillées de ça de là le long de la berge, agrémentées de jardinets florissants, signes d'une vie tranquille et simple.

Nous étions alors les touristes bienvenus, incongrus : "ceux du château ".

Ceux qui logent au "castel" , une tour  médiévale rescapée de pillages anciens.

Ceux du bout de la route, ceux du bout du monde, en fait.

Ceux qui se baignent plutôt dans la piscine que dans la rivière fraîche et vive.

Ceux de la ville qui s'attardent à regarder passer les vaches ruminantes.

Ceux qui se promènent sans but dans un petit hameau de vacances.

Ceux qui se couchent sur la route, chauffée par le soleil, à la nuit noire juste pour compter les étoiles.  

Ce jour là donc, la chaleur excessive assommait bêtes et humains dans une torpeur moite. Des gros nuages noirs s'aggloméraient au-dessus du petit hameau. Nous, les filles, avions pour mission de trouver le container à poubelles du coin. Nous voilà parties avec nos seyants sacs noirs sous un soleil de plomb : 100 mètres pour rejoindre le semblant de civilisation existant non loin. En passant devant une ancienne ferme fleurie comme pour un concours de beauté rurale, nous voyons une antique autochtone d'au moins 90 printemps perchée sur deux béquilles.

- Bonjour Madame, lui dis-je la sueur dans les yeux.

- Bonjour, répondit elle, vaguement hésitante, avec son accent  du sud  à couper au couteau.

- Vous qui êtes du coin Madame, pensez -vous qu'il va pleuvoir? lui demandais je en pointant le ciel bas et noir.

- Ho ma pauvre!! Non, pas de pluie!! Ca va tourner, tourner, et s'en aller!! On a l'habitude vous savez, on sait, nous! dit-elle d'un air supérieur.

- Ha? Eh bien tant mieux.

Nous avons repris le chemin de notre"castel" d'un pas tranquille.

A peine avions nous atteint le porche, qu'un orage soudain d' une violence inouie avec trombes d'eau, éclairs et grondements, s'abattit sur le petit coin perdu.

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 12:35

Veuve.

A 50 ans.

Donc célibat imposé.

Donc nuits sans sommeil.

Cette nuit là, une nuit étoilée, sans nuages aucun, mon instinct de Renarde m'a aler'tée...

Explosion.

Où ça? Dans ma tête ou dehors?

Il est 4 heures du mat ma Bleue!!! Encore un cauchemar... Je me traine hors du lit et regarde la nuit de ma fenêtre. Tout est silencieux. L'explosion, ressentie jusque dans mon corps, n'était donc qu'hallucinatoire.

Mais.... Mais quelque chose me pousse à regarder à l'arrière de la maison.

Le feu est là. Impressionnant !

Le hangar tout neuf de mes voisins flambe. Il flambe en silence à 100 mètres de ma maison. L'incendie lance ces flammes par-dessus le grand chêne. Flammes énormes. Gargantuesques. Monstrueuses. Elles dévorent le hangar  avec un féroce appétit. Propulsant ses flamméches à 12 mètres de haut. Tiens ? Il sent bon.... Le thym sec prêt à être livré est très combustible.

Appeller les pompiers.

Courir tambouriner à la porte de mes voisins.

Rester stupéfaite devant ma voisine piquant une crise de nerfs m'apprenant qu'un ouvrier agricole était dans ce hangar...

Attendre l'arrivée des pompiers, le coeur battant devant ce spectacle improvisé, en compagnie de tout le quartier.

J'ai retrouvé mon lit et mon chat avec soulagement. Le sommeil m'a cueillie gentiment.

Le lendemain, les gendarmes tapent à ma porte:

- Oui?

- On vient pour interroger le premier témoin de l'incendie. C'est vous la vieille dame qui l'avez signalé?

A ce moment là, la Renarde est tombée de son déambulateur.

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 20:05

 

 

 

 

 

Voilà, la vie m'a donné une grande claque et je suis donc seule à présent. Célibataire improvisée. Renarde en maraude dans le poulailler des menus plaisirs. C'est ça le truc : prendre tout ce qui rend la journée valable.

On le chope, le croque, le gobe et ça fait un bien fou!!! Nul besoin de chèque avec plusieurs zéros! Remballe ça! Rien à voir!

Ecoute l'histoire vraie : je me trainais dans les rayons sordides d'un supermarché, la tête embrumée de cotons-tiges et autres croquettes pour chats : bref un zombie quotidien...Quand soudain une petite fille (6 ans, cheveux dans les yeux, traces de chocolat aux bords des lèvres) vient à moi et me dit :

  - Madame!

Moi, méfiante:

- Oui?

- T'es trop belle!

Et hop ! La voilà qui  tourne les talons et repart dans les rayons, là-bas, tout là-bas dans son pays d'enfance, aussi vite qu'elle est venue.

Voilà.

C'est tout.

Un tout petit bonheur.

Un petit sourire d'enfant pour illuminer une morne journée.

C'est  suffisant.

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  • : blog de Bleue-la-renarde Charasse Evelyne
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  • : Billets d'humeur et d'humour, tranches de vie décalées et romancées mais toujours véridiques.Aventures et histoires racontées pour le fun.Je suis Bleue la Renarde qui prend tout ce qui fait plaisir et passe à ma portée.
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