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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 06:06

Y  a des jours comme ça.

On ouvre un oeil à la sonnerie du réveil et on sait pas pourquoi mais on sent que la journée sera une bonne journée.

On se lève avec un rayon de soleil et on est  plein d'entrain. En enfilant son peignoir, on sourit béatement.

Puis, on remarque qu'il y a eu une coupure de courant durant la nuit et que la chaudière ne fonctionne pas.

Première entorse à notre supposée belle journée.

Première grimace.

Pas de chauffage. Pas d'eau chaude. Oups.

Bon, redémarrer la chaudière.

Mais là, derrière la porte, on marche sur  une souris à moitié digérée, toute gluante et sanguinolente.

"Putain de chat!" hurle-t-on en glissant et en se rattrapant aux murs. Et pendant qu'on nettoie, entre deux nausées, on sort l'artillerie lourde des insultes envers les félins et particulièrement le nôtre.

Mais on conserve malgré tout l'esprit souriant. Surtout quand  enfin résonne  le ronronnement de  la chaudière.

Ensuite ?

Ho rien que de très banal pour une bonne journée : le toast resté coincé dans le grille pain est cramé.

Bof! Est-ce grave? Non. Ça pue, ça fume, ça va direct à la poubelle mais ce n'est pas grave .

La deuxième grimace vient sur nos lèvres quand on s'aperçoit que le dossier important qui était posé sur la table est maculé de pattes de chat dégoûtantes. Mais comme on ne veut pas se départir de notre bonne humeur matinale, on serre les dents en tentant d'effacer le désastre...

Vite une douche pour oublier.

Aïe! Pourquoi se met on du shampoing dans les yeux?

Ha?... Ca fait partie aussi de la panoplie de la bonne journée à tous prix? Gagné alors.

En tâtonnant, on réussit à s'habiller. Le miroir nous renvoie une image peu flatteuse avec nos yeux rouges et larmoyants. Mais on tient bon.

Une bonne journée peut souffrir de petits dérapages.

La troisième grimace, on la fait aux toilettes au moment de prendre le rouleau de papier.

Oups. Y en a plus.

Classons ça dans "divers désagréments" et passons vite à autre chose. Le soleil inondant la maison est notre sésame. Ainsi que notre détermination. Rien ne saurait nous empêcher de goûter à la quiétude du jour.

Rien.

Pas même  la poubelle pleine qui craque et se répand dans la cuisine.

Pas même la lettre de rappel des impôts.

Pas même la panne internet.

Pas même la pluie sur le linge fraîchement étendu.

Pas même les coups de fils incessants de démarcheurs agressifs.

Pas même le bouton brusquement apparu sur le nez.

Au fil des heures, on reste stoïque.

Toutes ces petites contrariétés sont balayées quand une copine nous dit, admirative:

" Wouah! T'as fait quoi à tes cheveux? Ils sont bien!

- Rien. Ils sont propres."

Le fou rire qui nous prend  à ce moment là est le signe majeur que oui décidément, c'est  ça une bonne journée.

 

 

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 13:59

Cet hiver-là, nous étions partis en famille à la montagne.

Voiture bourrée d'enfants (les nôtres et  leurs cousins), coffre de toit bien amarré, bric à brac essentiel à des vacances à la neige, notre attelage était conforme au stéréotype, dont voici un aperçu :

- des manteaux ,

- des oranges,

- des céréales,

- des chaussettes,

- des savons,

- des jeux divers,

- des serviettes,

- des boîtes et des mouchoirs,

- ...

Notre séjour fut conforme à ce que tous nous en attendions :

Station enneigée, cours de ski, moniteur bronzés aux sourires éclatants, attente dans les télésièges, froid aux mains, démarche d'éléphant laineux, bonhomme de neige et chocolat chaud aux pieds des remontées : nous goûtions aux joies rafraîchissantes de la haute montagne.

Bien entendu, nous parents n'étions que des boulets grognons qui pigent  que dalle aux joies incommensurables du ski et du snow!! De toute façon nous ne faisions pas le poids face à cinq jeunes exubérants et enchantés par avance. Jubilation adolescente face au rictus parental.

Après le plaisir quasi masochiste des pistes dévalées à grande vitesse, quel bonheur d'enlever ses chaussures et de se prélasser dans l'appartement. Parce que la neige, c'est bien mais c'est froid et humide... Les skis à porter jusqu'à l'appart en marchant comme des pingouins sur la banquise, les mains gelées et endolories, les pieds blessés et tuméfiés, les muscles douloureux et pesants : clichés basiques!! Bref, tout ce qui fait qu'à un moment, on en vient à détester ces vacances, tout ça est balayé par l'immense satisfaction de se retrouver au calme et au chaud, réunis autour un goûter roboratif.

Appréciation maternelle en tous cas.

"Je t'ai vue au loin sur la piste verte m'man.

- Oui?

- Tu galérais..."

Technique du serrage de dents. Toutes les vacances ont une une fin.

Ho le bonheur simple de marcher en chaussettes dans l'appart! De regarder tomber la neige à gros flocons au dehors. De voir les pistes se vider de vie à mesure que la nuit les enveloppe... La quasi béatitude pendant que nous jouions aux cartes ensemble.

" Et si nous sortions au bowling pour le dernier soir?

- Vous saurez faire?

- Lancer une boule sur des quilles?"

Le lendemain,  nous étions tous hilares, nos chaussures de bowling vertes fluo aux pieds. Rigolade et lancer de boule peu orthodoxe au menu de la soirée.

Vint mon tour.

"Vas-y m'man! Dégomme les!!"

Bras levé en avant , je pris mon élan pour un lancer de boule digne des olympiades. Sérieuse. Concentrée.

Bras en arrière...

Zut ! La boule est partie derrière moi dans les pieds d'innocents spectateurs .

"On parlait des quilles, pas des gens!!"

 

 

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 20:01

La nuit était d'encre,la lune réverbère, les étoiles scintillantes quand nous arrivâmes à la maison louée pour nos vacances.

L' immense vaisseau sombre ancré dans un coin de verdure, cerné d'arbres plus que centenaires, attendait  notre venue pour renaître à la vie. Il correspondait en tous points à la description faite par l'agence. L'appellation "manoir" était nullement usurpée.

La chaleur de l'été  étouffante nous poussa hors de la voiture et nous jeta à l'intérieur de ses murs. La fraîcheur  nous  saisis agréablement dès la lourde porte ouverte.

Il fallut tatonner pour trouver l'interrupteur... Et une fois trouvé...

"On est chez la Belle au Bois Dormant!" dirent  les  enfants émerveillés devant la taille de la cheminée et des escaliers de pierres, dont les marches usées par des milliards de pas prouvaient l'intense fréquentation.

Boiseries aux murs, meubles anciens, parquets patinés, lustres vénérables et bibelots d'époque : tout était là pour nous ramener quelques siècles en arrière.

Une maison en pleine campagne, isolée, assoupie, les volets clos, qui ne s'éveillait que pour les vacances des citadins.

Dépôt des bagages, visite rapide des lieux, choix des chambres, notre arrivée  fut rythmée par des : "Ho trop bien !" et des :"Ha c'est beau!" à chaque porte ouverte.

Cavalcades et rires envahirent pacifiquement l'immense demeure. Moins d'une heure après, la maison avait repris vie.

Pendant le repas, la chienne excitée aboya devant l'évier de la cuisine. Des petits bruits provenant de derrière le meuble l'agaçaient au plus haut point. Nous comprîmes d'où venaient ces bruits en découvrant plusieurs tapettes à souris équipées de fromage prêtes à fonctionner.

"Finalement, cette maison n'était pas si vide!" 

Quand, avant d'aller au lit, un des enfants hurla :

"Y a une souris qui me regarde faire pipi!"

Tout le monde rit en voyant la coupable effectivement sur sa poutre perchée.

"Elle a bien plus peur de nous!"

 Couchés, nous entendîmes tous encore des menus frottements, des piétinements de minuscules pattes sur le plancher. Comme l'ambiance du manoir s'y prêtait, les enfants se racontèrent de chambre à chambre des histoires pour se faire peur. Les divers craquements du bois ancestral ajoutaient la touche inquiétante aux récits imaginaires de fantômes et revenants. Leurs cris mi-effrayés  mi-amusés résonnèrent un moment dans la grande maison. Puis, lassés et épuisés par le voyage , ils s'endormirent malgré tout bien cachés sous les draps.

Petit à petit, les ténèbres silencieuses prirent possession de la maison. Les petits bruits s'estompèrent... J'allais moi-même sombrer dans un sommeil réparateur...

Quand tout à coup, troublant le calme de la nuit, j'entendis quelque chose qui suscita mon attention. Redressée dans le lit,  je tendis l'oreille. Oui, j'entendais bien quelque chose : des soupirs...des gémissements... Ou plutôt comme un souffle puissant... Ou un ronflement... Mais qui venait de la pièce du bas... Rassurée par la quiétude de la chienne et déterminée à résoudre ce mystère, je me levais dans la pénombre éclairée par les rayons de lune. J'entendis clairement comme une forte respiration. Devant la fenêtre, je risquais un regard au dehors, vaguement inquiète.

Là, une dizaine  d'yeux brillants dans la nuit se tournèrent vers moi, tranquillement.

Cinq vaches ruminantes et soupirantes passaient la nuit contre le mur de notre manoir.

Bienvenue à la campagne!

 

 

 

 

 

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 06:23

La fête d'anniversaire bat son plein.

Un brouhaha joyeux nous enveloppe.Le décor est planté: ballons colorés, cotillons et  serpentins envahissent la salle. Tapas et autres amuse-gueules circulent parmi les invités installés autour de plusieurs tables rondes disposées dans la salle des fêtes réservée pour l'occasion. Boissons fruitées et alcool à volonté comblent les verres et les papilles.Le moindre détail a été pensé pour notre bien être.

Journée ludique. Journée unique.

Un groupe de musiciens est là pour animer la fête.  Un magicien passe de table en table pour distraire chacun.

La musique emplit l'air et les spots lumineux tournoient gaiement. Les convives sont badins et leurs paroles anodines. Tous sont présents pour l' anniversaire des 50 ans de ma cousine Claudine. Les amis, la famille, toutes ces personnes d'origines différentes sont là pour marquer cet évènement particulier.

C'est ainsi les jours de fête : il y a comme une alchimie souriante.Insouciance bienvenue.Babillages et  bavardages.Éclats de voix, rires qui fusent...

La tension des préparatifs étant retombée, chacun se laisse bercer par le ton festif du moment. Atmosphère propice aux échanges et aux fausses confidences entre personnes de bonne composition. Connivences. Convenances. Parés, parfumés, apprêtés, tous apprécient cette parenthèse sympathique.

Attablée aux côtés de ma cousine et de ses invités, je goûte avec plaisir l'intimité relative de l'instant.

Le magicien vient à nous : cartes en mains, sourire aux lèvres.

"Un tour de magie, Mesdames?"

- Oui, lui répond une quadragénaire fade, secrétaire médicale, que nous connaissons de longue date. 

- Tirez une carte, Madame. Voilà, regardez -là, et avant de la replacer dans le paquet, inscrivez-y votre prénom au dos.

Et là :

Est-ce la griserie du moment ?

L'immunité de l'anonymat?

L'occasion qui fait le larron?

On ne saura jamais...

A notre plus grande stupéfaction ,elle lui dit, le plus sérieusement du monde :

- Non, pas mon prénom. Je vais y inscrire mon nom de scène...

- Votre nom de scène ?

- Oui : " Mimi".

- Ho? Vous aussi vous êtes une artiste? Intermittente du spectacle?

- Oui, je suis danseuse, dit-elle toute souriante devant l'intérêt suscité.

- Dans quelle compagnie ?

- Ici même, dans cette salle des fêtes. Je danse deux fois par semaine.

Le magicien décontenancé  finit son tour de passe- passe à la hâte pour  fuir le sourire béat qu'elle lui offre.

Que ne dirait on pas pour une seconde de gloire?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 12:40

Il y a des matins frileux .

Des matins mâtinés de chocolat chaud et tartines beurrées.

Matins d'école.

Qui débutent avec une fenêtre donnant sur la fin de la nuit, une lumière crue et un ronronnement de petits bruits familiers .

Matins des enfants engourdis, rétifs et peu amènes.

Les yeux encore collés aux rêves. La tiédeur du lit encore sur les joues.

Des enfants renfrognés et peu enclins à apprécier cette nouvelle journée.

Matins d'école.

Où les feuilles mortes tourbillonnant en un ballet chaotique n'incitent pas à sortir.

Doigts gourds et mornes moues sur les bols odorants et  brioches ventrues.

Mauvaise humeur machinale matinale.

Agressivité en roue libre.

Matins d'école.

Cartables en attente dans l'entrée. 

Devoirs faits. Leçons apprises.

Obligations enfantines.

Coeurs plus lourds que la pierre.

Agaceries fraternelles coutumières :

"Dépêche-toi ! Plus vite ! Plus vite ! Oh ! L'escargot ! Dépéche-toi ! Je t'attends!"

Le regard noir et le calme apparent de mon frère ne m'alertent pas.

" Arrête!"

Mon rire fuse :

"Qu'est ce que t'es lent ! Moi je suis prête ! Toi t'es bon pour être en retard ! Ho! L'escargot !"

D'un geste rapide digne de l'attaque du serpent, je reçois le chocolat tiède en pleine face.

Tandis que, dégoulinante de la tête aux pieds, je hurle ma rage, il dit, narquois :

" Maintenant, c'est toi qui est en retard!"

 

 

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 14:26

"Câline!"

Ma Maîtresse m'appelle. Vite! Vite! J'arrive! Je cours sur le petit mur du Voisin, saute dans l'herbe et ça y est, je suis chez moi. J'en ronronne d'aise.

J'adore ma maison.

J'adore mes Maîtres, petits et grands.

J'adore ma mère adoptive, la chienne colley Tootsie.

J'adore ma soeur irascible.

Je me souviens, mon Maître m'a ramenée un soir, cachée dans son blouson, j'avais un mois et peu de chance de survie.Toute la maisonnée m'a acceptée d'emblée, moi la toute petite boule maigrichonne et tremblante. C'est depuis que j'ai acquis mon nom d'ici : "Câline". Je suis si heureuse de vivre que je ronronne sans cesse et me frotte  de plaisir contre mes Maîtres chaque jour qui passe.

Ma robe noire lisse aux reflets roux et mes yeux jaunes me destinaient à l'enfer et au malheur pourtant.

Heures douces de la maison.

La chienne  m'a laissée téter ses mamelles vides de lait. Elle m'a laissée dormir dans son pelage épais. Béate.

Mes Petits Maîtres m'ont couchée dans le landau des poupées et habillée comme un bébé. Sereine.

Mes Maîtres m'ont assuré nourriture et soins sans réserve. Comblée.

Ma soeur colérique m'a laissée manger dans sa gamelle. Heureuse.

A l'intérieur de la maison, tout n'est que confiance et tranquillité, même si  j'ai tendance à voler n'importe quoi, ce qui provoque cris et cavalcades.

Oui, à l'intérieur tout va bien.

A l'extérieur c'est autre chose...

Hors de la maison, les heures sont longues.

Mon oreille cisaillée est la preuve de la violence quotidienne.

Cruauté bestiale. Brutalité animale. Sauvagerie ordinaire.

 Pour limiter les conflits, je me coule dans les herbes, tapie, cachée, le plus loin possible de mes congénères... A chacun son territoire. A moi le hangar de paille des Voisins, vigie au dessus de leur poulailler. Quiétude relative. A moi l'indigestion de rongeurs. Festin facile. Très patiente, les taupes mêmes sont mes victimes.

Autant de proies. Autant de cadeaux .

Simples offrandes à ma mère adoptive qui s'obstine à essayer de les ranimer.

Humbles dons pour mes Maîtres Adorés.

Je leur suis tellement reconnaissante de m'accepter telle que je suis et de me tirer de tous les mauvais pas où mes moustaches me mènent !

Un jour, la Voisine, narquoise, appelle ma Maîtresse :

- J'ai un truc à te montrer.

- J'arrive!

Attirée par quelques têtes de poulet , je suis coincée dans un piège à furet.

Déconfite. 

Enragée.

Apaisée à la vue de ma Maîtresse.

Qui rit et se moque de moi en me délivrant .

"Maintenant, tu sais que la curiosité est un vilain défaut !"

 

 

 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 05:28

"Pirouette!"

Ma maîtresse m'appelle...

Pfffffffffffffff Je vais quitter mes herbes sèches et odorantes pour elle.  Que me veut-elle? Voilà, voilà ! J'arrive en courant dans la maison. J'ai horreur de passer les seuils des portes, alors je les franchis d'un bond. Tiens? Mes Petits Maîtres ne sont pas là. La maison sera plus calme.

Pirouette! Quel nom ridicule pour un félin comme moi! Bon, c'est vrai que petite, j'étais acrobate et très agitée! Mais tout de même! Fort heureusement, ma Maîtresse, qui a des dons, a deviné ma véritable identité : Princesse. Pourquoi s'obstine-t-elle à y accoler "Offensée"? Pourquoi aussi m'appeler "la Fiérote"?Parfois même :" Belle outragée'?

Princesse Offensée... Pirouette... La Fiérote... Peu importe!!! Divine Beauté c'est ainsi que je me nomme parmi les miens. Dans mon quartier, ma belle robe tigrée se voit de loin. Mes yeux vert comme maquillés jamais ne cillent. On craint mon courroux...On tremble d'entendre mon feulement conquérant... Ça ,c'est vrai, j'ai très mauvais caractère. Je suis prompte à souffler et à lancer une patte griffue sur tout animal qui oserait franchir les limites de mon domaine. Je ne crains aucune bête à poils et à plumes. Pas même la chienne bas-rouge des voisins!

Tous les félins de mon secteur font profil bas quand ils me croisent. Normal : je suis leur Altesse, ils me doivent déférence et soumission, ils le savent. Et celui qui voudrait passer outre goûterait mes coups vengeurs.

Je suis aussi "Cruelle Chasseresse",là où mes griffes se posent : c'est l'hécatombe! Les poils de mon museau sont souvent souillés de sang. Mon palmarès est impressionnant : geais, hirondelles, écureuils, pies, rouges-queues noires, lézards, vipères, souris, musaraignes, rats, mulots... Et je ne vous parle pas des insectes!!!  Autant de proies, autant de cadeaux pour mes hôtes...

Oui, à l'extérieur de la maison, je règne sans partage.

A l'intérieur... c'est autre chose...

Les humains, petits et grands, n'ont aucun sens du respect qu'ils doivent à mon rang.

Mon Maître n'est guère patient, ma Maîtresse, elle, est débordée et mes Petits Maîtres sont agaçants. Aucun sens du protocole! Ma dignité en prend un coup à chaque fois que je pose mes pattes dans cette demeure! Cependant, je fais avec parce que je sais qu'ailleurs je ne trouverais pas mieux. Et puis, malgré tout, mes Maîtres m'aiment , ça compte.

Ils m'aiment :

Malgré mes miaulements rauques pour les réveiller à 2 heures du matin.

Malgré mon aversion des caresses.

Malgré mes cadeaux ensanglantés et éventrés.

Malgré mes sautes d'humeur griffues.

Malgré ma tendance au vol répété de nourriture...Quand ça arrive je détale vite pour éviter les coups de journal de mon Maître ou les cris de ma Maîtresse....

Il existe dans la maison d'autres hôtes à quatre pattes qui se moquent éperdument de mon statut.

Il y a d'abord la chienne colley, Tootsie, grande bestiole pleine de poils au regard benêt si soumise aux Maîtres que j'en rirais si je pouvais rire, elle, je la tolère. Et elle fait de même.

Et puis il y a ma soeur, Câline, une noiraude un peu sotte, qui s'obstine à vouloir faire amie-amie avec moi. Elle, elle m'insupporte prodigieusement. Son degré d'asservissement me sidère! La voir s'approcher de moi avec son air d'esclave heureuse me hérisse violemment. C'est la seule de ma race qui ne baisse pas le regard, ni ne recule devant moi!! La seule qui ose me jouer la comédie des frottis-frottas amicaux.

Elle ne me craint pas du tout, elle. Elle me révulse tellement que sa vue provoque en moi une irrépressible envie de fuite.

Fuite éperdue et incontrôlée.

Aussitôt mes croquettes avalées, je prends mon élan pour sauter par la fenêtre ouverte et là, je rate mon coup lamentablement et tombe comme une masse sur le carrelage.

Ma dignité est bien écornée.

La honte me saisit, je me relève et file prestement, laissant derrière moi les rires moqueurs de mes Petits Maîtres.

Et leur chansonnette persifleuse accompagne ma course effrénée:

" Elle est Belle, elle est Belle Pirouette! Mais qu'est ce qu'elle est Bête!"

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 05:57

Voilà.

Elle nous avait déposés vite fait et elle était repartie vite fait.

Muets et statufiés, au centre de la cour de ferme, nous avons regardé s'éloigner la voiture sans comprendre vraiment ce qui nous arrivait.

Nous étions ici pour deux mois de vacances, deux mois de convalescence. Enfants pâles et souffreteux, il nous fallait de la nature , du soleil et de l'air pur pour guérir notre coqueluche avait dit le docteur.  C'est pourquoi nous nous trouvions là, mon petit frère et moi, serrés l'un contre l'autre, sages petits paquets abandonnés, éléments incongrus au milieu de cette cour foisonnante, vibrante. Petits hôtes payants d'une famille d'agriculteurs laborieux,  toujours prêts à arrondir leurs fins de mois.

Nous avons compris très vite que ce séjour ne serait pas un bagne. Loin de là.

Notre toux imitait le "chant du coq": pas mal quand on est dans une ferme !!

Enfants de la ville, engoncés dans nos beaux vêtements du dimanche, nous allions connaître ici le plaisir de la liberté. Bon, une liberté sous contrôle, mais une liberté ludique.

La voiture partie,  Arsène, le père de famille, nous dit le plus naturellement du monde :

- Allez  les enfants ! Allez vous changer ! Suivez La Grande! Je vais vous faire visiter l'exploitation ! Et il était parti d'un rire sonore et joyeux,  soulevant son béret machinalement.

D'entrée, nous faisions partie de la famille. D'entrée, nous n'étions pas des petits paquets muets, mais des enfants doués de pensées.

Durant ce séjour, La Grande, la fille de la maison, Christine de son prénom, fut notre guide, notre gardienne, notre nounou, notre copine, notre infirmière :

- Guide : pour se repérer dans le dédale de la ferme.

- Gardienne : nous étions si gauches au milieu des bêtes et des tracteurs!!

- Nounou : pour bébés poussés trop vite.

- Copine : malgré son propre travail à la ferme, elle trouvait le temps de jouer avec nous, les mioches.

- Infirmière : quand chaque nuit n'était qu'une succession de quintes aiguës, avec vomissements et suffocation à la clé : il nous fallait bien une infirmière perso.

 Marguerite, la mère de famille, elle, n'avait ni le goût, ni le temps de s'occuper de nous : elle nous nourrissait, point barre. Pas une nourriture spéciale pour enfants malades, non, mais une  nourriture roborative et abondante pour travailleurs saisonniers agricoles.

Chaque journée à la ferme était une aventure, dont nous étions soit acteurs soit spectateurs. Il nous suffisait de nous poser sur une botte de paille et de laisser la vie faire. Animations visuelles et sonores permanentes. Fortes odeurs de campagne. Sollicitation de tous nos sens .Le chaudron fumant dans lequel bouillait le repas des cochons, l'immense poulailler bruyant flambant neuf, l'obscure étable des veaux, le pré des chevaux placides, l'arrivée récréative du maréchal ferrant... Émerveillement garanti. A chaque jour sa découverte, promptement emmenés par La  Grande ou par Arsène. L'une par obligation, l'autre par amour de son travail et pour voir s'allumer dans nos yeux l'étincelle de l'enchantement.

Tous ses coups furent gagnants.

Par une nuit claire :

- Réveillez vous les enfants, disait La Grande, nous secouant doucement.

- Qu'est-ce qu'y a ??

- Une surprise, nous répondit-elle, énigmatique.

Nous sommes descendus, vaguement inquiets, enroulés dans une couverture, la marque du sommeil sur nos visages chiffonnés.

Il était 2h du matin. La télé dans la cuisine, allumée, projetait ses images noires et blanches jusque dans la cour silencieuse et sombre.

Toute la maisonnée se tenait là, devant le poste.

- Ha! Voilà les enfants! S'écria Arséne, tout énervé. Regardez les p'tiots! Regardez bien! Ils marchent sur la lune!

Incrédules, nous regardâmes l'écran comme tous à ce moment-là. La transmission de médiocre qualité nous montrait deux bonshommes en scaphandres. Face à l'écran tremblotant et crachant ses images étonnantes, tous se tenaient silencieux dans une attitude quasi religieuse.

Quand une heure plus tard La Grande nous ramena à notre chambre, l'astre lunaire brillait comme à son habitude blafarde et glabre.

- Ils sont  bêtes les grands, me dit mon frère avant de se glisser dans son lit. Ils croient à n'importe quoi!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 06:25

Mes amies sont

Toujours présentes, même à des milliers de kilomètres

Toujours disponibles, même en pleine nuit

Mes amies

Me consolent

Me secouent

Me comprennent

Me prennent telle que je suis

Les années ne les fânent pas

Elles n'ont

Pas du tout changé

Pas pris une ride

Mes amies

Ont gardé leur coeur

Adolescent

Mes amies me sont

Essentielles

Comme le soleil

Aux fleurs

La seule  pensée de mes amies

Suffit

A  me combler

 

 

 

 

 

 

 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:34

On s'est parfois réveillés  à midi. L'empreinte de la nuit sur nos joues chiffonnées.

On n'a souvent pas fait notre lit : les draps sont restés froissés, voilà tout.

On a appris à bruncher : cool ! Pas de dictature alimentaire.

On a flemmardé au soleil ou en regardant tomber la pluie...

On a battu les chats sur le terrain de la nonchalance.

On a pris des voitures, des avions, des bus, des bateaux, des métros et des taxis.

On a attendu patiemment dans des files hétéroclites.

On y a lu la presse locale, des magazines débiles et des petits romans faciles.

On a rit, on s'est énervé, on a paniqué, on a couru, on a rit  de nouveau...

On s'est endormis pour des siestes impromptues, gavés de milk shaks, bagels, muffins et autres hamburgers.

On a écouté des heures de musiques diverses et  variées

On a goûté aux torrents gelés, enlacé des arbres vénérables.

On a parcouru des kilomètres sur des trottoirs bondés, écrasés de chaleur, tout ça pour visiter des musées ou pour acheter des colifichets indispensables à notre futilité.

On a essayé de photographier tout ce qui passait à notre portée.

On a tenté de ramener avec nous bien plus que des souvenirs.

La quiétude tranquille.

L'anesthésie bienvenue.

L'amnésie salutaire.

Les vacances quoi !

 

 

 

 

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Présentation

  • : blog de Bleue-la-renarde Charasse Evelyne
  •  blog de Bleue-la-renarde Charasse Evelyne
  • : Billets d'humeur et d'humour, tranches de vie décalées et romancées mais toujours véridiques.Aventures et histoires racontées pour le fun.Je suis Bleue la Renarde qui prend tout ce qui fait plaisir et passe à ma portée.
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