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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 12:22

 Parfois le merveilleux vient à nous , comme ça , sans rien dire .

Et cela nous stupéfait le temps de retrouver notre pragmatisme.

Mais rien que cet instant là  est  magique ...

A l'époque , nous avions une 4L aménagée de telle sorte que nous dormions dedans n'importe où.

Mes frères suivaient dans une banale  voiture , une petite tente à leur disposition ...Moins pratique mais tout aussi sympatique !

L'aventure au bout des parechocs ! C'étaient les vacances, il faisait beau et chaud, nous étions partis pour faire du "camping sauvage": à nous les chemins creux , les petits coins de paradis oubliés, les réchauds défaillants, les fous rires relaxants ...

Nous n'avions pas de feuille de route , hormis celle de la curiosité .Bon , il faut avouer aussi que nous n'avions pas un gros budget aussi ...

Direction : le Sud! Notre très petite caravane descendit donc jusqu'en Dordogne, pays d'eaux vives et de bois mystérieux . Notre "road-movie" se ponctuait de haltes rafraichissantes.

Les garçons voulaient des endroits où pêcher. Soit. Moi je voulais juste des endroits ombragés.

La France profonde en vacances  suffisait largement  à nous dépayser...Nos véhicules étant fatigués, nous roulions tranquillement , de villages classés en sites exceptionnels. De fêtes de village bigarrées en petits cirques improbables , nous nous laissions portés par le vent du hasard ...Un beau nom de village? On y allait ! Un petit spectacle gratuit dans un autre? On faisait même demi-tour pour ça...

Aucune contrainte, sauf celle de trouver un endroit caché pour y planter la petite tente et y garer deux voitures...

La douce excitation de l'interdit  nous étraignait chaque soir à l'heure du repas...

Il faut dire que nous avions déjà eu notre minute d'angoisse : la maréchaussée, haut perchée sur des chevaux rétifs et piaffant d'impatience nous avait réveillé  bruyamment  un matin. Collant à mes frères engourdis de sommeil un procès verbal pour "camping sauvage ", amputant de ce fait largement leur maigre budget ...

Ceci pour expliquer que ce soir là, nous avions trouver un chemin à peine carrossable longeant la rivière et donc , nous nous étions arrêtés loin du monde, à couvert sous les frondaisons ...

La pénombre bientôt nous engloutis et nous mangeâmes assis en rond autour de notre réchaud tels des indiens harassés.

Pour préserver  notre beurre, je l'avais mis dans une boite plastique hermétique et ce soir là je déposais cette boite dans l'eau fraiche coincée par des branchages.

Au matin , quel fut notre  étonnement : plus de boite dans l'eau mais sur la rive, le couvercle ôté , le papier du beurre bien replié sur le côté...

Il en manquait un petit morceau : on voyait des traces de griffures...Comme fait par de minuscules petits doigts ...Tout cela bien proprement. Trop proprement...

"Quand on pense que c'est un simple rat qui a fait ça !"

Ha oui ! Là , la magie est bien vite retombée!

 

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 13:00

Il y a des nuits sombres qui nous ramènent à nos peurs d'enfant.

Des nuits où des bruits mystérieux , des frôlements , des souffles dans le noir nous laissent pantois au fond de notre lit ....effrayés...

Nous étions en vacances dans un gîte au fond d'une forêt du Morvan.

Il  ressemblait à s'y méprendre à la maison de l'Ogre du Petit Poucet . Au bout d'une route improbable, cachée derrière des sapins sombres: une grande maison forestière surprenait agréablement les promeneurs.

De son passé féodal , elle avait gardé un peu de prétention dans ses grandes proportions, son nouveau régime de location  rurale  voulant lui donner un air ordinaire .

Loin s'en fallait.

Pour arriver jusqu'à elle: déjà une aventure , la voiture, cahotant et brinquebalant sur une route -ruisseau (à moins que ce ne soit l'inverse? ) avait souffert mille cailloux. Et nous mille sueurs froides.

Le mystère se mérite.

Devant la vieille maison : le ravissement nous a saisi . A l'intérieur ce fut de même. Tout était resté figé depuis le temps de sa splendeur . Comme si les propriétaires venaient de partir pressés en laissant tout ainsi .

Pour notre plus grand bonheur!

Bien entendu : aucune onde ne passait ici et l'électricité était  souvent capricieuse , comme la plomberie du reste ...

Coupés du monde , retranchés dans une bâtisse magnifique, enveloppés par la majesté des hauts sapins noirs, nous étions ravis de cette déconnection du quotidien. Le silence relatif, le  faux calme sylvestre , tout était fait pour un lavage parfait de cerveaux trop reliés à la technologie moderne ...

Au programme de ces courtes vacances : flemme, paresse et bienheureuse oisiveté...

Fauteuils sortis devant l'imposante maison pour trouver un peu de soleil tacheté, observation de la faune timide mais proche, jeux de cartes, repas frugaux , confidences , grandes envolées lyriques: tels furent nos tâches   Rien de plus ordinaire pour citadins harassés et en désintoxe du monde...

Le soir ramenant la fraicheur du sous-bois, nous fîmes un grand feu de cheminée. Un immense feu crépitant et joyeux . Les ombres dansaient dans la maison et au dehors....Moment propice aux histoires lugubres... Frissons et rires garantis . Détente totale.

Soudain , l'un d'entre nous s'écria :

"Vous avez entendu ? Quelqu'un marche au grenier!"

Nous pouffâmes tous ! Certains s'étranglant de rire même.

Mais,venant du grenier,  un pas lourd se fit entendre. Le pas lourd d'un homme.

Les rires se turent  d'un coup et  les garçons gravirent en courant  l'escalier menant au grenier, ouvrirent la porte violemment . Nul trace de visiteur.

Ils redescendirent perplexes.

"Bah ! C'était certainement de l'auto-suggestion..."

Il était 2 heures du matin :l le  temps d'aller essayer les lits ancestraux ...

Nous montâmes fatigués et  vaguement inquiets.

Cependant, le sommeil nous engloutit tous sans plus de manière.

Je fus réveillée par des cris :

"On entend encore marcher! Il y a quelqu'un au grenier !"

Effectivemment, malgré mon cerveau encore endormi, j'entendais comme nous tous le pas humain sur le plancher au dessus de nos têtes. Un pas trainant. Lourd. Bam. Bam. Bam.

Le plus courageux des garçons ouvrit prestement la porte du grenier, une lampe torche à la main.

Là, un bruit terrible, des cris, le fracas d'une fenêtre nous cloua sur place.

Un Grand- Duc dérangé dans sa promenade nocturne sur le plancher du grenier , venait de s'envoler par le vasistas ,brisant la vitre de ses puissantes ailes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 20:45

Il y a des petits cadeaux qui peuvent s'avérer des petits poisons ...ou des petits  bonheurs ! C'est selon !

On m'a offert il y a quelque temps un porte clé , porte bonheur, avec un chat ( tiens tiens, on sait donc que j'aime les chats ...) Un petit chat stylisé mignon , un petit chat avec une clochette ...comme possédent certains félins .

J'ai accroché ce petit objet à mon sac d'été, celui dont je ne me déparre jamais , un petit sac indien fait de  rubans rouges brillants, des rubans de satin ...

Me voilà donc avec mon petit sac qui tressaute joyeusement avec un joli petit son de toute petite clochette à chacun de mes pas...ll sent  l'été, le soleil triomphant...

Ce petit tintement, cadencé et léger, c'est une façon de marcher en dansant un peu. Avec un rythme régulier.

Cependant , alors que je vais  d'un bon pas dans la ville , parmi la foule , j'entends des commentaires divers:"Tiens ? Il y a un chat  ici ?...C'est quoi ce bruit ? ..."

Et alors qu'ils cherchent du regard où se cache le mystérieux matou, je me réjouis de leur étonnement . 

Dans les magasins, mon pas ralenti et ma petite clochette aussi mais pas l'étonnement suscité...

"Qu'est ce qui fait ce bruit là ?" Ai-je entendu , de la part de vendeuses peu amènes.

Jouant  les idiotes je ne leur fait jamais remarqué que ma toute petite clochette n'émet qu'un tout petit tintement, infime par rapport à la musique d'ambiance criarde de beacoup de magasins...

Je me plais à me dire que cette petite note me distingue dans la foule. C'est mon petit sésame.Et puis c'est aussi un bon détecteur de grognon ou grognonne ! 

Une de mes amies, issue de cette race irascible et peu patiente,  s'est exclamée :

"Mais quel plaisir trouves-tu avec ce bruit insupportable ?

-Si je ne l'ai pas, je ne sais pas où je suis! lui ai-je répondu en riant .

Et pour bien l'agacer, j'ai secoué mon grelot de plus belle!

"J'aime bien tintinnabuler, na!"

 

 

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 12:32

 

Je ne sais pas pour toi lecteur mais parfois on fait des rencontres surprenantes et inattendues qui nous apportent bien involontairement l'éclat d'un rire salvateur ...

J'étais chez ma cousine, dans un petit village bourguignon à l'orée d'une grande ville, au milieu de vignes millésimées.

Une grande bâtisse de pierres grises , baignée de soleil, à la cour immense , faite pour accueillir force tracteurs et remorques ...Une ferme d'autrefois sentant encore le foin et la paille foulée...

En fait : un ancien moulin qui cachait dans ses entrailles un petit ruisseau bouillonnant  et rafraichiissant.

C'était étonnant d'entrer dans la grande bâtisse et d'y entendre  un bruissement continu vif et délicat à la fois. Ensuite, ouvrir  une porte sur la gauche et voir le petit ruisseau furieux de se trouver piégé sous la maison, giclant et ronronnant sans plus de manière sur les grosses pierres qui le canalisaient ...La pièce sentait l'onde fraîche ...Curiosité rare. Dehors, les pales de l'ancien moulin ne tournaient plus depuis bien  longtemps , aussi le petit ruisseau filait -il vite , vite hors de la propriété pour retrouver la rivière toute prochaine ...

La demeure gardait encore l'âpreté de sa destination première : murs épais , portes basses, fenêtres minimalistes. Tout cela donnait un intérieur plus que sombre et plus que frais, même au coeur de l'été.

J'étais en visite chez ma cousine pour quelques jours, goûtant  à la quiétude des lieux . La maisonnée comprenait quelques chats chenapans , prompts à courir après quelques souris , peu habitués à la nonchalance des chats des villes .Deux gros chiens récupérés à la SPA  coulaient des jours tranquilles au milieu de la cour fermée, n'aboyant qu'en  cas de visite impromptue ...Il y avait là comme un parfum de nostalgie tranquille. Les  vieilles pierres restituant  les ondes emmagasinées durant toutes ces longues années...

La vieille horloge centenaire égrénait d'un tic tac indifférent les heures calmes et  je goutais, anesthésiée mais néanmoins friande , tous les meubles anciens , tous les moindres détails des pièces assoupies , tous les souvenirs imprégnant  l'intérieur...

"Une voisine m'envoie sa fille qui se lance dans la vente à domicile , me dit ma cousine. Ca nous distraira un peu , non?"

Rendez-vous informel fut pris pour le lendemain.

Nous vîmes arriver une grande et forte jeune fille aux  joues couperosées. Encombrée de sacs divers, elle semblait un peu gauche...Mais elle demeura souriante le temps de la visite .

"Bonjour Mesdames, je viens vous présenter la nouvelle collection de la marque "Savon". Vous connaissez cette marque de cosmétiques ?

-Vaguement , répondit ma cousine en lui rendant son sourire .

-Alors,je vais me faire plaisir à vous présenter toute la gamme" dit la forte jeune fille , sur un ton de gourmandise 

Et de fait , elle déballa tout un tas de petites boites, toutes plus scintillantes les unes que les autres .

C'est là que je remarquais sa robe tachée , et même effilochée par endroits ...Peu adéquate pour une vendeuse de produits de beauté...Je vis aussi ses ongles cassés et peu soignés...Un seul regard de ma cousine me prouva qu'elle aussi avait décelé les détails ragoutants chez la jeune visiteuse ...

Elle faisait preuve d'une grande agilité , ainsi que d'un grand désir de persuasion. Nous étions sagement assises sur les chaises de la cuisine, bon public, bienveillant . Attentives au babil enthousiaste de la jeune fille.

"Alors , Mesdames, je vais vous faire sentir le nouveau parfum et apprécier la texture de la nouvelle crème ."

Elle ouvrit un petit flacon délicat et nous le tendit:

"Elle sent bon, hein?"

Là, il y eut comme une vague gêne, un silence appuyé.

"Alors? insista-t-elle

-Heu...fut notre réponse unanime.

-Dites moi  mesdames", les joues encore un peu plus rouges qu'à son arrivée.

Et là, ma cousine lui asséna , essayant de garder son sérieux:

"Ta créme pue ! Elle sent l'ail!"

Et  tandis qu'un fou rire irrépressible nous saisit devant l'air déconfit de notre visiteuse...Elle nous lanca :

"Ho? Excusez moi... Je viens de couper de l'ail et mes mains sentent encore..."

Notre fou rire à cet instant secoua je crois toutes vieilles pierres endormies de la maison.

 

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 16:18

Il y a des moments dans la vie où on se congratule tout seul ...

Ca fait du bien.

On se remonte le moral . Ou les bretelles, c'est selon...

Il y a des moments aussi où la peur donne des ailes, où l'adrénaline coule à flots dans nos veines.

Des moments sur le coup terrifiants qui ,sous la lumière du souvenir, deviennent risibles ....

J'habitais alors les Hauts Quartiers, ceux blottis près de la cathédrale millénaire, ceux qui fleurent bon la pierre usée et  le soleil rare.

Mon logement se cachait derrière une méchante porte abimée par les ans, il fallait ensuite parcourir les vingt mètres de couloir lugubre et sale avant d'arriver dans la courette cernée de portes et  fenêtres.

"La cour des miracles" c'était le surnom de mon  immeuble ...Ca donne tout de suite le ton . L'ambiance...

Nulle tristesse et scélératesse ici , non ! Juste des travailleurs acharnés, harassés qui vivaient  ensemble dans une bonne entente dans des logements plus que basiques.

Aux loyers défiant toute conccurence s'ajoutait le plaisir de vivre en pleine ville dans un microcosme bigarré, hors norme...

Les locataires se cotoyant ici venaient d'horizons très divers.

Les Portugais étaient majoritaires , leurs voix portaient plus haut que les autres du moins , la nostalgie de leur pays. Bucherons, ils encombraient la cour de leur bois et de leur matériel.

Il y avait des couples de retraités, blottis dans leur logement mausolée, figé dans le temps de leur splendeur. Ici vivaient aussi des étudiants fauchés, des familles à rallonge, dont les enfants poussaient à l'ombre de la cathédrale, fleurs chétives à la morve active...

Par dessus tout cela rajoute,ami lecteur ,quelques chiens, quelques chats, quelques rats, hélas, et tu obtiens une vue sépia de mon quartier .

Rajoute aussi tous les sons , tous les bruits, toutes les odeurs qui sont  liés à ce souvenir vivace et tu es dans "La cour des Miracles",d' il y a longtemps...

Atmosphère bon enfant.

Or, un jour, vint un élément perturbateur dans cet idyllique tableau...

Au fond de la cour, un appartement s'est libéré et de nouveaux  locataires ont bien vite occupé les lieux.

C'était un couple de quadragénaires : elle ,Française timide, grande femme maigre aux cheveux filasses. Lui, immense et musculeux  Yougoslave, les cheveux hirsutes et l'oeil noirs , issu d'un croisement entre un Troll et un apache.

  Il  était lui aussi bucheron et transportait souvent avec lui ou sa tronçonneuse ou sa hache .

Il parlait fort, bousculait sans ménagement sa compagne, criait sur les enfants, fouettait les chats, donnait des coups de pieds aux chiens, vocifèrait des insultes slaves  incompréhensibles  à tous...

Un grossier personnage.

Sa seule présence assombrissait un peu plus la petite cour.

Très vite, il fut catalogué "à éviter". Ce que chacun s'appliqua à faire.

Très vite, son surnom "Drago" apparenté à dragon ou Dracula , lui alla comme un gant!

Un soir d'hiver où je rentrais chez moi, je poussais la pauvre porte, appuyais sur l'interrupteur et constatais que l'éclairage ne fonctionnait pas ....Vingt mètres à faire dans le noir quasi complet, pas très grave quand on aperçoit une petite lumière au bout du couloir, là bas dans la courette.

Soudain, une silhouette massive et hirsute apparue , restant dans l'encadrement de la porte.

Ne ralentissant pas mon pas, pour faire illusion de bravoure, je me retrouvais bientôt à sa hauteur:

"Tu le dis pas bonsoir au Drago? me baragouina-t-il, empestant l'alcool.

-Bonsoir Drago, lui répondis-je en le contournant, tremblante.

-Tu l'as peur du Drago? demanda-t-il en se penchant vers moi, goguenard.

-Moi?N...N... Non!" réussis-je à articuler avant de m'échapper dans la cour, laissant derrière moi un rire sadique énorme...

Arrivée chez moi, le souffle court, appuyée sur ma porte bien fermée, je repris peu à peu mes esprits....

"Tu l'as peur du Drago?" ces mots tournaient  en boucle dans ma tête...

Puis, en un éclair, toute la peur s'évanouit : Drago n'avait plus  de dents de devant.

Un Croquemitaine édenté, c'est bien connu , perd de sa crédibilité....

 

PS : Bien entendu, par la suite , je me suis toujours  arrangée pour ne jamais le recroiser...

 

 

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 06:36

Les machines nous en veulent.

Croyez moi.

Il y a un complot. Le complot de l'électronique,électrique, informatique,mécanique,domotique....

Tout en un clic.

Voilà le hic...

Bref.

Je suis persuadée que vous voyez de quoi je parle.

La voiture qui ne démarre pas,le lave linge qui hoquète,la machine à café qui crachote, la télé qui se fige, le téléphone qui déraille., l'ordi qui dysfonctionne, le frigo qui surchauffe... Quand ce n'est pas le micro onde qui rend l'âme ou l'éléctricité en lettre morte..Le pire c'est quand la box se rappelle à notre mémoire en se mettant aux abonnés absents !

Nous étions banalement humains : nous sommes à présent quasi robotisés...

Nous étions bêtement organiques, nous voici bioniques...

Lobotomisés aussi..

Le marketing nous a imposé la technologie.Il nous faut des ondes à présent pour remplacer nos doigts gourds. Un touché, un flash, une télécommande: hop c'est bon circulez!

Facilité attrayante. Effrayante aussi.

Il y a une appli pour être moins addict ? J'en doute...Même au fin fond de l'Amazonie , dans la tribu la plus secrète  ,le dieu éléctronique a posé son doigt digital et tactile...

Reniant notre banale animalité nous nous sommes aliènés à la modernité.

Dépendants. Accros.Vulnérables.

Idiots parfois aussi. Il nous faut des codes, des transmissions , des connections,des mises à jour....

A la bibliothèque,devant l'asceneur en panne, les ados en bonne santé soupirent:

"Faut vraiment qu'on prenne l'escalier?"

Quand cette belle machinerie s'enraille elle nous laisse désemparés.

Car quand tout est virtuel et laissé à la seule volonté d'un ensemble de machines, même parfaitement huilées, le grain de sable se fait  énorme poutrelle d'acier.

Et c'est là que nous , humains formatés, nous retrouvons notre  instinct des grottes.

Hurlements. Trépignements. Sueurs froides. Chaudes larmes.

Tout ça parce qu'une minuscule impulsion éléctrique s'est bloquée ...Ou qu'une télécommande s'est coincée...

Dans la voiture, on suit aveuglément les indications de la voix mécanique:

"Au rond point :tournez à gauche.

Ok. c'est fait..Ensuite?..

"Au rond point :tournez à gauche.

Heu..Elle l'a pas déjà dit ça?

Mais on persiste. Et on tourne en rond un moment. Attendant l'indication miracle pour nous rendre chez l'oncle Paul...

"Au rond point..."

Bon.

Stopper  le GPS

On s'arrête. On baisse la vitre et on hèle un quidam.

Et on la fait à la bonne vieille méthode archaïque...On parle aux autres !

 

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 17:51

  Nous étions cet été là chez des amis en Bavière.

A côté de Munich.

Jouxtant  la magnifique Forêt Noire, au coeur d' un petit village typique:Dietramzell...

Facades aux couleurs éclatantes, énormes maisons décorées de fresques et de fleurs...Y régnait une douceur toute méditérranéenne. Les rues du village tranquille bruissaient des cris et rires des enfants, heureux de jouer dehors , pieds nus, désireux d'oublier les longs mois d'hiver...Dans chaque jardin trônait un barbecue, symbole puissant du temps des vacances..

C'est quand on est à l'étranger qu'on réalise à la fois nos différences et nos similitudes...Il suffit juste parfois d'ouvrir les yeux pour voir l'exotisme qui nous entoure...

En bons touristes invités, nous avons crapahuté dans Munich sur les grandes avenues en suivant nos amis, sac au dos, pieds en feu...Nous nous sommes ébahis devant l'hôtel de ville et son carillon, devant le gigantisme du parc olympique . En bons vacanciers assistés nous  avons goûté à la quiétude dans les nombreux "jardins de la bière"...Attablés sous les arbres centenaires,un bock et une délicieuse choucroute-saucisse  face à nous, regardant les joueurs d'échec géant et  les passants nonchalants, nous avons goûter à la tranquillité bonne enfant alémanique...

Nous avons aussi transpiré dans les sentiers escarpés et sombres. Humé l'air frais des sous bois mystérieux de la Forêt  Noire...Trempé nos pieds meurtris dans des lacs glacés.Nous nous sommes régalé à admirer  des châteaux magnifiques. Hors du monde. Comme au pays de la Belle au Bois Dormant....Au fin fond de la forêt, nous avons découvert des petites auberges isolées, tenues par d'improbables  anciens légionnaires débonnaires...

Nos amis venaient d'acheter un appartement dans un grand chalet ...

Organisation collective. Micro communauté. Parties communes sous la responsabilité de chacun.Tous les lave-linges , séche-linges et  congélateurs en sous -sol...Bonne entente de mise entre tous.Nos amis,propriétaires d'un  rez de chaussée,  avaient ainsi un accès  au coin d'herbe devant leur porte.Cependant , la pelouse autour du bâtiment était accessible à tous...

Ainsi,fraicheur de la Forêt Noire oblige, quand la soirée le permettait nous promenions nous tranquillement dans le village alangui par l'été. Parfois, nous restions sur le petit coin d'herbe devant leur porte ,seulement éclairé d'une petite bougie vacillante, parlant à voix chuchotée pour ne pas déranger les voisins...

Cependant, comme les relations entre copropiétaires étaient  très courtoises, il n'était pas rare que plusieurs personnes viennent nous saluer pour échanger quelques mots dans un français hésitant mais enthousiaste.

J'avais remarqué le manège curieux d'un des voisins:  tous les soirs, il inspectait  les abords du chalet, un seau à la main qu'il remplissait mystérieusement...Fouillant les buissons, il  cherchait  quelque chose à la lampe électrique...

N'y tenant plus , je posais la question:

" Que cherche-t-il ?

-Des limaces...Il déteste ces bestioles et ici, elles prolifèrent ! Alors il les ramasse et les congèle. Pour que leur mort soit plus douce...

-Ho? "

J'eus une grimace  dégoutée en imaginant une possible soupe à la limace...

Et même, je l'avoue ,un haut le coeur.

Beurk!

 

 

 

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 06:59

Beauregard  dans le Lot.

Les Van Dick, Hollandais amoureux de la France profonde, avaient racheté et rénové les six maisons qui constituaient  le minuscule hameau, pour les louer durant les vacances. 

Six petites maisons, cinq d'un côté et une leur faisant face. Six petites locations posées dans un décor champêtre, bucolique, fait de haies touffues, d'arbres centenaires et de gazon dru. Tout ça à proximité du Céou, rivière paresseuse et vagabonde.

Cet été là, quatre d'entre elles abritaient des compatriotes des Van Dick, une autre, une famille du Nord et celle d'en face nous logeait nous.

Nous étions dans la location atypique : porte de bois datant du Moyen Age ( dont la clé pesait bien un kilo et mesurait 20 centimètres : pratique comme matraque, mais peu aisée à glisser dans un sac) cuisine aveugle, grandes dalles de pierre irrégulières au sol, plancher des chambres à l'étage défoncé, habillé de vieux tapis mités. Ambiance : "Retour vers Autrefois".

Le "village" de vacances fonctionnait en roue libre, les Néerlandais restant entre eux dans leurs locations neuves et claires avec leur non-conformisme et leur nonchalance légendaires. Grands  Vikings aux yeux bleus pour les hommes, longues lianes diaphanes  pour les femmes et petits blondinets aux vêtements colorés pour les enfants : tout ce petit monde s'apostrophant en hollandais dans la douceur de l'été lotois.

Nous, retranchés dans notre location"hutte", notre lourde porte toujours ouverte pour laisser rentrer un peu de lumière, nous regardions vaquer nos voisins mieux lotis à leur vie de vacanciers insouciants. Spectacle quotidien, anodin, gratuit, amusant.

 Au milieu des familles Hollandaises : des Picards, des ch'tis venus passer leurs toutes premières vacances dans ce petit coin de France. Loin de leur Denain , ville mortifère et déprimante.

Les Delanoy détonèrent aussitôt descendus de leur voiture : les parents et leurs deux enfants braillant et aboyant plus qu'ils ne parlaient.

Leur arrivée brisa le tacite équilibre de "notre" petite communauté.

Adieu silence, adieu murmures confus : les Delanoy allumaient leur radio très fort dès le matin, et hurlaient pour se faire entendre.

Bonjour rires énormes,  bonjour interpellations tonitruantes.

Les Hollandais les fuyaient comme la peste.  Nous, nous les avions en face de  nous à chaque fois que nous ouvrions la porte. Gouaille paillarde, bonne humeur envahissante, absence de tout "savoir-vivre" : tels furent nos voisins pendant une petite semaine. Leur naïveté  égalait leur ignorance confondante.

Les enfants jouaient tous ensemble, pas besoin de paroles quand on joue au ballon, à chat, à cueillir des fleurs des champs, à attraper des bestioles...

Un après-midi tranquille, revenant de la rivière, les deux filles Delanoy arboraient des mines de conspiratrices. Ricanements et haussements d'épaules... suffisamment pour que les autres enfants les harcèlent : 

- Qu'est-ce que vous avez  là?  C'est quoi?

- On a trouvé une très jolie bête vers la rivière...

- C'est quoi? C'est quoi? piaillaient les petits curieux.

Alors elles leur montrèrent leur merveilleuse découverte en gloussant de plaisir.

Cris stridents et brusque recul de la petite assemblée.

Magenta, notre fille , revint, une moue dégoutée, la sentence tranchante du haut de ses 7 ans :

- Elles embrassent un crapaud !

Le pustuleux batracien,effrayé par tant d'attentions, d'un bond, laissa là ses enfantines admiratrices et s'en fut se cacher dans un parterre.

Nul prince n'apparut  sous les feuillages.

 

 

 

 

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 12:23

Les repas de famille sont l'occasion de se découvrir.

Des affinités. Des convergences. Des dissonances.

Parfois, il arrive des tablées de rire.

Mais on ne peut les avoir sur commande.

Généralement, ce ne sont que  ripailles et agapes à outrance.. On passe à table à midi pour en sortir à 17heures... Entre temps , le repas peut prendre différentes tournures...

Il est vrai que ces réunions familiales élargies sont très largement arrosées d'alcools divers et variés...

Et donc,il arrive aussi que les agacements prennent la tête du repas ...

  Alors, sans qu'on sache d'où est parti le missile , la tablée s'embrase et crie et parle fort, juste avant le café... Les esprits s'échauffent, les verres tombent et les sourires se crispent.

J'avoue que je préfère quand un fou rire secoue l'assemblée comme une vague irrépressible .

C'est bien mieux.

Le rire nivelle les âges. Le rire rabote les aspérités.Le rire cimente les liens...

Et le déroulement d'un  repas de famille offre largement de quoi alimenter cette joie.

Plat cramé.

Plat oublié.

Plat trop salé.

Plat renversé.

Plat avalé par le chien.

Plat léchouillé par le chat...

Que sais- je encore?

Matières à rire...Jaune parfois mais à rire quand même!

Les grandes réunions familiales sont l'occasion aussi de revoir la parenté éloignée...

On retrouve donc la cousine par alliance, la tante vaguement vue, le petit neveu que personne ne connaissait encore...

Durant un de ces repas pantagruéliques et interminables, la tablée installée dehors sous les frondaisons comptait alors quelques cousins éloignés, des quasis inconnus, des presqu'étrangers...Accompagnés de flopées de mômes dans toutes les tailles.

Soudain: un cri. Cousine Marcelline affolée, scrutant le sol.

"Le petit ! Le petit! Où est -il? Je ne le vois plus! Ho! Mon bébé! Bébé! Bébé Arty!

Panique ultra rapide.

Adrénaline flash.

Chaud -froid instantané.

Tension maximale.

Chacun s'interpelle, cherchant à identifier l'enfant.

-Quel petit?Le brun aux yeux bleus ? Celui qui a un pantalon rouge?

-Mon petit chien chéri, dit -elle morte d'angoisse."

Quelqu'un , plus au fait que tout autre lui lance, tranquillement, à cet instant :

"Il est là,  il ronge l'os du gigot!"

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 05:55

Joie des courses.

Courses contre la montre. Contre le temps. Contre l'absence de frais dans le frigo et de croquettes dans la gamelle du chat.

On connait ça.

Ce n'est guère joyeux, ni récréatif. Normal, c'est une corvée.

Impossible de  commander par internet. C'est rageant, mais j'ai pressing ce soir...

Donc.

Voiture.

La liste.

Parking.

Se garer.

Un chariot.

Qui roule, c'est mieux.

Galerie.Les allées. Les rayons. Enfin.

Commencer à remplir le chariot sans jamais se laisser distraire , voire détourner par d'affriolantes offres.

Ne pas succomber aux sirènes marketing.

Trop difficile. Bon.

Succomber  un tout petit peu.

Et s'en tenir à la liste.! Si possible! Sous peine d'oublis et de divagations errantes dans les allées du magasin!

Demander de l'aide pour attraper un bocal de cornichons qui se trouve à  2 mètres du sol...

Garder son quant- à- soi devant l'air renfrogné de l'employé.

Oups...Le chariot se remplit dangereusement et lourdement...

"J' avais réellement besoin de trois boites de crème à récurer? Et c'est quoi tous ces paquets de gâteaux?"

Passons. Une grande flemme me saisit là devant le rayon "pain de mie".

Lassitude inutile.

Les boites et les sachets auront ma peau. 

Arrivée à la caisse.

Déballer sur le tapis roulant la totalité du chariot.

Surtout ne pas soupirer comme une pauvre hère devant la caissière harassée.

Self contrôle à l'affichage de la somme due...

Ok, je paye. Dehors il fait déjà nuit et je crois même qu'il pleut.

"Carte non valide"

Quoi?

"Carte non valide"

"Je suis désolée , mais votre carte ne passe pas , m'assène la gentille caissière fourbue, Vous avez une solution?

-Je vais retirer du liquide. Gardez mon chariot!"

Foncer. Maudire les banques.

Lancer des anathèmes à tous va.

Grommeler toute seule.

Revenir éssoufflée mais triomphante, le précieux liquide en mains.

"Vous l'avez?" M'interrogent quelques quidams inconnus, souriants.

Payer.

Récupérer mon chariot.Ouf!

Bon.

Pressing.

Dehors, il fait nuit et il pleut, génial, sur mon pain.

Et là, stupeur et agacements...

Impossible de me souvenir où j'ai garé ma voiture!

Joie des courses...

 

 

 

 

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