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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 12:32

 

Je ne sais pas pour toi lecteur mais parfois on fait des rencontres surprenantes et inattendues qui nous apportent bien involontairement l'éclat d'un rire salvateur ...

J'étais chez ma cousine, dans un petit village bourguignon à l'orée d'une grande ville, au milieu de vignes millésimées.

Une grande bâtisse de pierres grises , baignée de soleil, à la cour immense , faite pour accueillir force tracteurs et remorques ...Une ferme d'autrefois sentant encore le foin et la paille foulée...

En fait : un ancien moulin qui cachait dans ses entrailles un petit ruisseau bouillonnant  et rafraichiissant.

C'était étonnant d'entrer dans la grande bâtisse et d'y entendre  un bruissement continu vif et délicat à la fois. Ensuite, ouvrir  une porte sur la gauche et voir le petit ruisseau furieux de se trouver piégé sous la maison, giclant et ronronnant sans plus de manière sur les grosses pierres qui le canalisaient ...La pièce sentait l'onde fraîche ...Curiosité rare. Dehors, les pales de l'ancien moulin ne tournaient plus depuis bien  longtemps , aussi le petit ruisseau filait -il vite , vite hors de la propriété pour retrouver la rivière toute prochaine ...

La demeure gardait encore l'âpreté de sa destination première : murs épais , portes basses, fenêtres minimalistes. Tout cela donnait un intérieur plus que sombre et plus que frais, même au coeur de l'été.

J'étais en visite chez ma cousine pour quelques jours, goûtant  à la quiétude des lieux . La maisonnée comprenait quelques chats chenapans , prompts à courir après quelques souris , peu habitués à la nonchalance des chats des villes .Deux gros chiens récupérés à la SPA  coulaient des jours tranquilles au milieu de la cour fermée, n'aboyant qu'en  cas de visite impromptue ...Il y avait là comme un parfum de nostalgie tranquille. Les  vieilles pierres restituant  les ondes emmagasinées durant toutes ces longues années...

La vieille horloge centenaire égrénait d'un tic tac indifférent les heures calmes et  je goutais, anesthésiée mais néanmoins friande , tous les meubles anciens , tous les moindres détails des pièces assoupies , tous les souvenirs imprégnant  l'intérieur...

"Une voisine m'envoie sa fille qui se lance dans la vente à domicile , me dit ma cousine. Ca nous distraira un peu , non?"

Rendez-vous informel fut pris pour le lendemain.

Nous vîmes arriver une grande et forte jeune fille aux  joues couperosées. Encombrée de sacs divers, elle semblait un peu gauche...Mais elle demeura souriante le temps de la visite .

"Bonjour Mesdames, je viens vous présenter la nouvelle collection de la marque "Savon". Vous connaissez cette marque de cosmétiques ?

-Vaguement , répondit ma cousine en lui rendant son sourire .

-Alors,je vais me faire plaisir à vous présenter toute la gamme" dit la forte jeune fille , sur un ton de gourmandise 

Et de fait , elle déballa tout un tas de petites boites, toutes plus scintillantes les unes que les autres .

C'est là que je remarquais sa robe tachée , et même effilochée par endroits ...Peu adéquate pour une vendeuse de produits de beauté...Je vis aussi ses ongles cassés et peu soignés...Un seul regard de ma cousine me prouva qu'elle aussi avait décelé les détails ragoutants chez la jeune visiteuse ...

Elle faisait preuve d'une grande agilité , ainsi que d'un grand désir de persuasion. Nous étions sagement assises sur les chaises de la cuisine, bon public, bienveillant . Attentives au babil enthousiaste de la jeune fille.

"Alors , Mesdames, je vais vous faire sentir le nouveau parfum et apprécier la texture de la nouvelle crème ."

Elle ouvrit un petit flacon délicat et nous le tendit:

"Elle sent bon, hein?"

Là, il y eut comme une vague gêne, un silence appuyé.

"Alors? insista-t-elle

-Heu...fut notre réponse unanime.

-Dites moi  mesdames", les joues encore un peu plus rouges qu'à son arrivée.

Et là, ma cousine lui asséna , essayant de garder son sérieux:

"Ta créme pue ! Elle sent l'ail!"

Et  tandis qu'un fou rire irrépressible nous saisit devant l'air déconfit de notre visiteuse...Elle nous lanca :

"Ho? Excusez moi... Je viens de couper de l'ail et mes mains sentent encore..."

Notre fou rire à cet instant secoua je crois toutes vieilles pierres endormies de la maison.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by bleue-la-renarde
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commentaires

Nicolaï Drassof 27/08/2015 09:50

Adorables vos petites chroniques, et bien écrites.
Mais je cherchais des mini poèmes que le petit oiseau bleu m'avait montrés ? Où ?
Nicolaï(Racontecrire)

Charasse Evelyne 27/08/2015 10:18

Merci Nicolaï ! Tu peux lire mes petites poésies sur le site Ipagination à mon nom .

petite monique 19/10/2014 23:10

très drôle ton histoire je suis gâté par les blogs dé mes amies à tous merci que de délicieux moment à vous lire

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